TEST | Matchpoint: Tennis Championships - Une "simulation" qui enchaîne les fautes directes - JVFrance (2022)

Depuis 2011 et la sortie de Top Spin 4, les joueurs de tennis virtuel attendent avec impatience un digne héritier à cette production qui n’a pas pris une ride. Vendu comme une simulation poussée de la petite balle jaune, Matchpoint: Tennis Championships tente de devenir leader sur le circuit avec ce premier opus disponible sur consoles et PC. Si nous n’avions pu mettre la main lors de sa sortie en août dernier, séance de rattrapage avec la sortie du titre sur Nintendo Switch. Après quelques heures de jeu, le verdict est malheureusement sans appel.

Test réalisé sur Nintendo Switch à l’aide d’une version physique fournie par l’éditeur

Notre preview de Matchpoint: Tennis Championships est à retrouver ici

En raison de l’impossibilité de prendre des captures d’écran du titre sur Nintendo Switch, les images qui illustrent ce test sont tirées de la version PC.

Un service minimum

Si nous avions pu mettre la main sur une version preview plus tôt cette année, nous avions mis en alerte les joueurs sur la qualité du titre qui était à ce moment-là très discutable. Malheureusement, le constat reste identique à la commercialisation du titre. Développé par Kalypso Media, un studio allemand qui développe la plupart du temps des jeux de gestion et de stratégie, force est d’admettre que le changement de thématique ne s’est pas fait sans difficulté… Parlons tout d’abord de l’optimisation du titre sur Nintendo Switch car comme nous avons précisé en introduction, cette version est sortie trois mois en retard, la faute très certainement liée à des problèmes d’optimisation qui ont nécessité un développement supplémentaire. On ne peut que féliciter les développeurs et l’éditeur de cette décision marquant cette volonté de fournir un jeu stable dès son lancement. En revanche on sera plus réservé sur le rendu final. Dès le premier lancement du jeu, on se demande si le titre n’a pas planté, la faute à un premier temps de chargement qui a duré plus de 50 secondes (nous avons joué avec la version physique), inimaginable pour un jeu du genre, et surtout lorsque l’on lit la suite de cet article… A noter, ça ne sera pas le seul problème d’optimisation puisqu’il faut compter facilement une trentaine de secondes pour quitter ou démarrer une partie.

La réalisation n’est pas le point fort du titre (regardez la main qui tient la raquette)

Si nous étions très inquiets sur l’aspect technique général de ce Matchpoint: Tennis Championships lors de nos premières sessions en mai dernier, force est d’admettre qu’il n’y a pas eu d’amélioration à cet étage: on se retrouve ainsi avec un jeu très loin d’être convaincant (ne vous faîtes pas avoir pas la bande-annonce au lancement du titre qui est, elle bien plus travaillée graphiquement et qui n’est qu’un leurre). Si on le compare à Virtua Tennis 4 – World Tour Edition, titre qui faisait parti du line-up de lancement de la PlayStation Vita en 2012, ce dernier est mis KO dès la première partie: colorimétrie en retrait, moteur technique daté et animations très loin d’être convaincantes n’ont pas aidé dans notre jugement final (on notera les déplacements ou encore les coups qui manquent de naturel, tout semble robotique). Pire que ça, les différents joueurs modélisés sont pour certains assez grossiers, avec un manque de détail criant général qui se prolonge jusqu’aux des différents terrains. Lorsque l’on vend aux joueurs une simulation, il faut être solide sur toute la ligne et la réalisation globale du titre n’est pas exempt. Au cours de la dizaine d’heures passées sur le titre (oui, nous sommes courageux), nous avons majoritairement joué en version portable même si, la version sur la télévision passe nettement mieux pour notre rétine, même si attention, le titre est très loin d’être un canon. Toutefois, le titre reste stable et nous n’avons constaté que très peu de ralentissements et aucun plantage, un bon point parmi toutes ses fautes directes.

Autre point important lorsque l’on vend une simulation, le contenu global du titre qui se doit d’être à la hauteur des ambitions visées. 11 joueurs, 5 joueuses, 2 légendes masculines vendus séparément (ou inclus dans la Legends Edition), et rien de plus: bien trop maigre pour passer le premier tour des Qualifications. Toutefois, on retrouvera deux français dans le titre (Benoît Paire et Hugo Gaston) et des futurs prétendants au titre de n°1 mondial comme l’italien Jannik Sinner ou (pourquoi pas) l’australien mégalomane Nick Kyrgios, l’excellent joueur russe Daniil Medvedev ou encore le roi du tennis mondialactuel du côté de l’ATP, l’espagnol Carlos Alcaraz. Tous les joueurs sont modélisés avec leur équipementier actuel: on trouve du Celio, du Adidas ou encore du Nike ainsi que les raquettes Pas de Rafaël Nadal ou encore le légendaire joueur serbe Novak Djokovic, dommage quand on sait l’importance médiatique et tennistique qu’apportent encore les deux hommes. Autre détail qui a son importance, les différents courts qui sont proposés et à ce niveau-là, c’est carrément la douche glaciale (encore plus froide donc): aucun court officiel n’est présent, vous ne pourrez choisir que parmi les trois surfaces les plus utilisés dans le tennis, à savoir le gazon, la terre battue et bien-sûr le dur. N’espérez donc pas rentrer sur le Philippe Chatrier avec l’annonce du légendaire Marc Maury, il n’en est rien.

L’éditeur pour créer votre joueur est un peu trop simpliste pour une simulation

Arcade ouverte

Si nous avons mis quelques services gagnants dans la première partie, le plus dure reste à venir et l’arrivée du kiné ne devrait pas tarder. Passons tout de même un peu de pommade en parlant des modes de jeu qui malgré un manque d’originalité certain sont tout de même assez nombreux. Si l’on ne peut expliquer l’absence du mode double (oui, vous avez bien lu), le joueur pourra se défouler en 1v1 sur une partie rapide en local ou en ligne, un tutoriel, un mode formation (des défis pour le coup pas très intéressants) ou encore le fameux mode carrière qui manque très clairement d’intérêt et qui nécessitera de trop nombreuses heures de jeu pour avancer convenablement. En effet, il est impossible de paramétrer la durée des parties dans ce mode, ce qui est aberrant puisque tous les matchs se jouent en un minimum d’un set gagnant. Etant donné que vous partez d’un joueur neuf (via un éditeur pour le coup trop classique et qui manque foncièrement de détail), ce dernier commencera avec des stats basses qu’il faudra monter rapidement pour espérer grimper au classement mondial. Point positif: le mode online est relativement stable (malgré des temps de chargement encore une fois interminables) et supporte le cross-play vous permettant de jouer face à des joueurs PlayStation, PC ou Xbox. Vous aurez ainsi la possibilité d’affronter des joueurs du monde entier dans des matchs classés, des matchs loisirs (non-classés) ou encore avec des amis via les salons. Seul problème: les serveurs sont très loin de faire le plein…

Vous l’aurez donc compris très rapidement, Matchpoint: Tennis Championships est un titre qui n’a que dans sa description le mot simulation qui ressort, tant le jeu enchaîne les ratés et ce, à cause d’un manque de moyen global, mais qu’en est-il du gameplay? Sans surprise, les premières sensations sont à l’instar de notre preview très agréable et la prise en main est immédiate, mais était-ce vraiment le résultat attendu? Très clairement, non. Pour le service, il suffira de maintenir le bouton voulu et de relâcher lorsque la balle sera à son sommet au moment du lancer tout en visant une zone précise avec le joystick gauche. Dans le jeu, il faudra faire preuve de résilience et ne pas chercher à conclure trop rapidement, ou les fautes directes s’enchaîneront assez rapidement. Une petite cible est par ailleurs présente et vous aidera à placer la balle à l’endroit souhaité tandis qu’en maintenant une touche avant la frappe, vous donnerez de la puissance à votre frappe mais vous perdrez en précision. Vous aurez donc la possibilité d’effectuer toute la palette de coups d’un tennisman du dimanche: lift, coupé, slice, coup à plat ou encore le lob. Le placement, même s’il a son importance IRL n’est pas aussi punitif qu’à l’accoutumée. Contrairement à un Top Spin 4, aucune gestion de la fatigue n’est présente alors que l’un des points clés de ce sport est la condition physique et la capacité à reproduire les efforts. En effet, si le sportif est fatiguée par son adversaire en raison des multiples allers-retours ou par la dureté des échanges, ce dernier sera moins lucide dans ces coups et aura tendance à faire plus de fautes directes, un critère déterminant non pris en compte dans Matchpoint: Tennis Championships. Le rythme du jeu est toutefois assez soutenu et une bonne sensation de vitesse se dégage les premières minutes; à noter que la surface n’influence en rien le rebond ou la vitesse de la balle, ce qui est grandement pénalisable pour un sport qui mise beaucoup sur le terrain et ses différentes caractéristiques afin de convenir à un maximum de style de jeu.

Sur ce mini-jeu, le placement de l’adversaire est aberrant

Si vous souhaitez gagner votre service facilement, il sera toujours possible d’utiliser la fameuse technique du service croisé qui sort l’adversaire du court, vous laissant le champ libre pour conclure sans difficulté le point: un détail déjà remarqué dans notre preview qui n’a pas été corrigé. Parmi les éléments originaux, Kalyppo Media a mis en place un système de force/faiblesse intéressant. Au fur-et-à-mesure des échanges, vous allez trouver les points faibles de votre adversaire: revers qui baisse en précision après trois coups consécutifs, joueur qui ne supporte pas la pression lors d’une balle de break contre lui etc. Quant à l’IA, cette dernière est assez facile à vaincre en facile ou en normal, elle devient toutefois nettement plus coriace en difficile (mode de difficulté maximal) sans pour autant être imbattable, elle manque toutefois cruellement de variété au niveau des styles de jeu entre les différents joueurs fictifs que vous rencontrerez. Pour terminer sur notre plus point, la partie sonore du titre est à la hauteur du soft: les arbitres prononcent toujours les mêmes phrases, avec la même intonation alors que dans Top Spin 4, ces derniers adaptaient la langue au pays dans lequel vous jouiez, comme dans la vraie vie quoi… Même constat pour les musiques qui se répètent sans cesse et qui deviennent rapidement agaçantes, nous vous conseillons de charger une bonne playlist Spotify en amont.

Verdict: 4/10

Quelle déception ! Alors que le titre était annoncé comme une simulation, les sensations une fois la manette en mains sont diamétralement opposées… On se rapproche nettement plus d’un opus de la série Virtua Tennis que d’un Top Spin, la faute à un gameplay arcade au possible et une réalisation d’ensemble très loin des simulations sportives actuelles (FIFA, NBA 2K, WWE 2K…). Dommage, car le titre dispose tout de même de quelques bonnes idées dans son gameplay. Matchpoint: Tennis Championships n’est donc pas forcément un titre conseillable aujourd’hui, même s’il souffre d’une réelle non-concurrence avec un marché toujours très ouvert et en attente d’une nouvelle référence.

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Author: Carlyn Walter

Last Updated: 10/13/2022

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